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 ORGANISATION DE L ARME SOUS-MARINE

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CAL.50

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Messages : 119
Date d'inscription : 06/06/2016

MessageSujet: ORGANISATION DE L ARME SOUS-MARINE   Sam 3 Juin - 12:34

5.- ORGANISATION DE L’ARME SOUS MARINE

« VIGILANCE PERPETUELLE »

Devant l’urgence de contrer les entreprises hostiles des soviétiques, l’état major va transformer à la hâte quelques sous marins de gros tonnage en lanceurs d’engins. Ce bricolage qui heureusement ne servit jamais en condition de guerre entreposait deux missiles de première génération qui étaient lancés à l’aide d’une charge de gaz (1). En 1955, face aux sous marins soviétiques de la classe Zoulou V, qui sont des sous marins classiques diesel/électrique armés de deux missiles R-11FM (qui sont en fait des dérivés de SCUD) d’une portée de 2.200 km, les États-Unis vont mettre en construction (en 1957) le premier sous marin atomique lanceur d’engins de l’histoire. L’USS George Washington est opérationnel en 1960, équipé de 16 UGM-27A Polaris d’une portée de 2.200 km.
 
En 1985, durant la dernière phase de la Guerre froide, trente-sept sous-marins pouvant emporter un total de six cent quarante missiles balistiques étaient en service (Six classe Ohio, dix-neuf classe Lafayette et douze classe Benjamin Franklin). Seuls les SNLE de la classe Ohio sont encore en service. Selon les statistiques, Entre le 15 novembre 1960 et novembre 2004, il y a eu un total de 3 632 patrouilles de dissuasion stratégique effectuées par les SNLE américains :

• 1 245 avec des missiles Polaris (Polaris A-1 du 15 novembre 1960 au 14 octobre 1965, Polaris A-2 du 26 juin 1962 au 9 juin 1974, Polaris A-3 du 28 septembre 1964 au 1er octobre 1981) ;
• 1 182 avec des missiles Poseidon du 31 mars 1971 au 1er octobre 1991 ;
• 397 avec des missiles Trident C-4 à bord d'anciennes classes de sous-marins, ce type d'engin sera en service du 20 octobre 1979 au 15 décembre 2003 ;
• 481 avec des missiles Trident C-4 à bord de classe Ohio ;
• 327 avec des missiles Trident D-5 à bord de classe Ohio depuis le 29 mars 1990.

Le SNLE présente le fin du fin en matière de dissuasion, car ses procédures sont très simples. Après avoir déconnecté son ombilical de recalage inertiel, il sort de son port d’attache en dehors d’une fenêtre de passage d’un satellite espion, puis il plonge et ne refera surface qu’en face d’un port d’accueil national. Entre-temps, pendant un mois – sinon plus -, il restera en plongée moyenne, navigant à vitesse silencieuse. Il remontera à intervalles programmés en immersion périscopique, pour recevoir les messages de routine, les nouveaux ordres de patrouille, et éventuellement les messages signalant des tensions avec tel ou tel pays (2). Il peut également, en plongée, larguer une bouée porteuse de systèmes électroniques destinés à capter les émissions de son QG. Lorsque qu’il navigue à faible profondeur, il peut être contacté en urgence par émission très basse fréquence, à partir d’émetteurs au sol (cas de la France) et/ou d’avions de commandement du genre TACAMO.
 
Un SNLE pourrait rester pratiquement indéfiniment sous l’eau. Ses limites sont celles de la nourriture, et des problèmes liés au personnel enfermé dans un univers clos. Les procédures dans ce sens sont minutieuses pour procurer une vie « normale » à l’équipage. L’éclairage intérieur va donner une notion de jour/nuit, les repas seront servis aux horaires standard puisqu’ils vont garder l’heure de leur pays. La place n’étant plus chichement mesurée, une salle de sport et de cinéma, une bibliothèque, sont à la disposition de l’équipage. La nourriture étudiée par des diététiciens est équilibrée. Une vaste chambre froide contient les surgelés (3) destinés à la confection des repas. Une salle d’opération équipée pour les interventions chirurgicales et dentaires est à la disposition des hommes (4). La puissance du réacteur permet d’avoir à bord une atmosphère d’air pur et tempérée (5), ainsi que de l’eau douce pour les besoins corporels (6). Chaque membre de l’équipage a sa propre couchette (7).
 
Un SNLE, compte tenu de sa masse et de son type de navigation en profondeur, présente une surface de plancher stable. Rien ne permet de croire que l’on se trouve à bord d’un navire en mer. Concernant la sécurité passive, un compacteur d’ordures permet de les stocker à bord (Cool. Deux équipages se partagent un SNLE, un bleu et un rouge. Pendant que l’un est en patrouille, l’autre est à terre, dans sa famille ou en formation. Le silence est le maître mot d’un SNLE. Tout va concourir à ce qu’il ne fasse aucun bruit perceptible par un sous marin d’attaque (SNA) qui est son prédateur naturel. Un revêtement de tuiles anéchoïque, des machines sur des coussins amortisseurs, des pales d’hélice spécialement étudiées pour réduire au maximum les bruits de cavitation à l’allure normale, un plancher revêtu d’isolant, des cloisons isolées phoniquement, font qu’un SNLE craint beaucoup plus de heurter une baleine qui ne l’aura pas entendu…..ou un autre SNLE. S’il est très silencieux, il a de grandes oreilles très fines, et perçoit tous les bruits qui fourmillent autour de lui. Ses spécialistes des écoutes entendent parfaitement les « biologiques », les chants des baleines, les claquements des dauphins, les bruits de friture des crevettes, les bruits du magma sur le plancher océanique. Ils entendent aussi les bruits que font tous les bâtiments à hélices qui sillonnent les eaux au dessus de lui. Le bruit émis par l’hélice, ou les hélices de chaque bâtiment, est enregistré dans une base de données. Cette base de données remise à jour régulièrement par les observations des SNA, est introduite avant le départ en mission.
 
La vie à bord n’est pas monotone, car l’encadrement procède à de nombreux exercices (9) destinés à peaufiner la technicité – déjà très élevée – de l’équipage. La philosophie générale du transport de centaines de mégatonnes à bord, est très simple. Les hommes à bord seront les derniers survivants d’une guerre nucléaire. Ils doivent empêcher l’agresseur de jouir de son forfait en détruisant de fond en comble son territoire. Le PFP mis au point pour les équipages du SAC a été étendu aux équipages des SNLE. Mis en œuvre par le commandant du bateau, et son état major, il permet de suivre chaque homme dans son évolution mentale et physique au fil des missions (10).
 
Le commandant sait à tout instant où son SNLE se trouve grâce à son système inertiel de navigation. Ce système recopie la position sur les inertiels de tous les missiles embarqués. Chaque missile sait ainsi lui aussi où il se trouve en fonction de sa cible, et va manœuvrer en conséquence lors de son tir pour atteindre sa destination préprogrammée.
 
En cas de menace de guerre, le commandant sera prévenu par TBF, et il reviendra à intervalles réguliers à l’écoute d’un éventuel message TBF, qui lui donnera l’ordre de passer en écoute du message qui lui donnera le cap à prendre, les clés de lancement, la quantité de missiles à lancer, ainsi que l’ordre et les codes de lancement. A compter de ce moment le SNLE est aux postes de combat. Le commandant et l’officier de tir se rendent à la console de tir, deux officiers à leurs côtés, arme au poing sont à même de les défendre, contre une tentative brutale d’un membre de l’équipage qui voudrait arrêter le processus de lancement. Ils sélectionnent les missiles qui seront tirés sur le pupitre, insèrent leurs clés et vont les tourner simultanément. Les missiles sont éjectés un par un selon un timing bien précis, car il va falloir compenser la masse d’eau qui va remplacer le missile lancé dans le puits de lancement. Cette eau sera évacuée par pompage dès que la porte de puits sera refermée et rendue étanche. La même quantité d’eau sera admise dans les ballasts, afin d’équilibrer le bateau.
 
Nul ne sait à bord sur quelles cibles les ogives vont s’abattre. Dès le premier tir le SNLE va remonter à faible immersion pour recevoir les ordres de deuxième tir ou de troisième. Pour le cas où aucun ordre ne lui parvient – ou bien recevant des ordres contradictoires - dans un délai déjà pré programmé, le commandant et son officier de tir va tirer ses missiles restants selon une procédure de guerre nucléaire pré établie. Tous ses missiles tirés et sans ordres, il va reprendre la route de sa base de départ qui a de fortes chances d’être vaporisée avec les familles de l’équipage. Le retour risque fort de ressembler à celui du film « le dernier rivage » tiré du roman de Nevil Shute.

Notes

(1) Après avoir étudié les missiles allemands, des variantes du V-1 furent tirées depuis la mer par les USS Carbonero (SS-337) et USS Cusk (SS-348) en février 1947, la portée de ces engins étaient de 135 mille nautique, et leur erreur circulaire probable de près de 6 km. (Nous sommes présentement de l’ordre du mètre).
(2) Un SNLE ne procède à aucune émission en clair. Les rares émissions sont cryptées et compressées selon un code journalier et envoyées en direction d’un satellite militaire de communications. La station au sol va décompresser le message et le décoder. Un message d’une page est réduit à un crépitement radio électrique indétectable.
 (3) Elle contiendra éventuellement le corps d’un membre de l’équipage décédé à bord qui sera scellé dans un sac étanche. Il n’est pas question de faire surface pour immerger un corps, ni pour l’évacuer.
 (4) Un médecin chirurgien, un anesthésiste et deux infirmiers sont à bord.
 (5) Il est loin le temps des sous marins où tout pourrissait à bord du fait de l’humidité.
 (6) Les matières issues des WC sont broyées avant d’être rejetées.
 (7) Sur les sous-marins classiques, la place manquant, une couchette était partagée par deux hommes. L’un était de quart, l’autre de repos. On appelait cela la « couchette chaude ».

(Cool Un SNLE est un trou noir dans l’eau – un silence au milieu du silence -, il n’existe pas et ne laisse aucune trace de son passage. Des ordures qui flotteraient pourraient renseigner un éventuel curieux.
 (9) Exercices d’avaries diverses : incendie, avarie nucléaire, avarie de barre, exercice de tir, voie d’eau etc ….
 (10) Les hommes – qui sont munis de dosimètres pendant toute la croisière - et leurs familles à terre, sont suivis médicalement pour vérifier notamment l’influence d’une éventuelle pollution nucléaire sur les organismes. Les grossesses des épouses, et le degré de fertilité des hommes, sont particulièrement suivis.

© ARMES & ARMEES - 2010 - LH GALEA
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